Dans le cadre d’un partenariat entre la Boutique des Sciences, l’Université Toulouse 2 Jean Jaurès et La Trame autour des séances Clin d’œil, La Trame a accueilli en stage, entre février et juin 2026, Lisa Pallas, étudiante en Master Intervention sociale Solidarités Sociologie – MISS, pour mener une étude sur ce dispositif de cinéma social.
Le 26 juin au Centre culturel Alban-Minville a eu lieu la restitution de cette étude. Vous pouvez en lire une synthèse et nous contacter si vous souhaitez plus de détails.
SYNTHÈSE DE L’ÉTUDE
Introduction
De février à juin 2026, une étudiante en master de sociologie a rejoint l’équipe de La Trame pour étudier de plus près le dispositif de cinéma social Clin d’œil. Ce projet est le fruit d’une collaboration entre la Boutique des Sciences, l’Université Toulouse 2 Jean Jaurès et La Trame.
Cette recherche revient sur les publics de Clin d’œil, aux modalités de sa promotion par les intervenant·es socioculturel·les au sein des structures ainsi qu’aux représentations des salarié·es qui travaillent autour de Clin d’œil.
Elle est le fruit d’une cinquantaine d’heures d’observation auprès des structures partenaires du dispositif et de 5 séances Clin d’œil. Onze entretiens semi-directifs avec les publics, les intervenant·es culturels et l’équipe de Clin d’œil complètent ce travail.
Les publics de Clin d’oeil : une diversité de profils
Ce travail aura permis de mettre au jour la grande diversité des profils qui composent le public de Clin d’œil. On distingue alors les personnes disposant de ressources culturelles importantes de celles qui en sont moins dotées.
Certains traits semblent rassembler les personnes les plus dotées culturellement. Elles sont plus à même de se définir comme cinéphiles, en mettant en avant leur assiduité, leurs connaissances ou leur rapport actif aux œuvres. Elles déploient des stratégies personnelles pour accéder à la culture à moindre coût et savent se repérer dans l’offre culturelle toulousaine, et notamment dans les lieux de diffusion en centre-ville. Elles sont aussi caractérisées par un rapport intellectuel au cinéma.
Les publics de Clin d’œil sont aussi composés de personnes moins dotées sur le plan culturel. Elles sont plus à même d’exprimer des difficultés à s’approprier les codes des lieux culturels légitimes, d’avoir une faible quantité de pratiques culturelles personnelles et d’envisager le cinéma comme un divertissement.
Travail du lien et publicisation du dispositif : le rôle des référent-es sociaux dans la mise en avant de Clin d’oeil
Le travail d’observation sur les structures partenaires du dispositif et la rencontre avec les professionnel·les socioculturel·les associé·es auront permis de montrer l’importance de ces dernier·es dans la mise en avant de Clin d’œil. Elle est notamment permise par un travail resserré avec les publics, travail qui oblige les professionnel·les à créer et maintenir une forte proximité. La proximité avec les usager·es et le travail en réseau génèrent des contraintes : sentiment de vigilance permanente et fatigue sont particulièrement mentionnés. De façon plus concrète, la promotion de Clin d’œil passe par deux canaux différents : de façon indirecte par l’investissement matériel des lieux (affiches), ou de façon directe par des temps collectifs de présentation des activités culturelles.
Effets de Clin d’œil : évaluation du dispositif
A défaut de pouvoir proposer un travail d’évaluation en bonne et due forme, nous avons mis en avant d’une part les valeurs et intentions des professionnel·les de Clin d’œil et d’autre part les retours des bénéficiaires sur le dispositif.
Pour les professionnel·les de Clin d’œil, aller au cinéma constitue une occasion de découvrir, de partager, de s’exprimer et de prendre sa place dans un collectif. En permettant à chacun·e de sortir de son environnement habituel et d’accéder à des films récents et variés, Clin d’œil favorise l’éducation aux images et l’émancipation culturelle. La fréquentation du cinéma permet également de mieux appréhender les codes d’un lieu culturel, de développer son autonomie et de faire émerger la parole, les échanges et les regards de chacun·e.
Les publics de Clin d’œil expriment quant à eux le plaisir de sortir de chez soi, d’être avec du monde, la possibilité d’apprendre le français, de se reposer ou de dormir, de rester en ville après la séance et d’assister à un débat.
Parenthèse : les non-spectateurs de Clin d’oeil
Certaines personnes rencontrées expriment ne pas vouloir venir aux séances Clin d’œil, principalement par crainte de se confronter à des récits difficiles qui leur rappellent leurs difficultés matérielles et personnelles.
Conclusion
Cette recherche aura donc permis un premier travail de terrain autour de Clin d’œil. Elle montre la diversité des profils des publics, l’importance du travail des référent·es socioculturel·les et propose une ébauche d’évaluation du dispositif en soulevant d’une part les représentations des salarié·es de Clin d’œil et d’autre part les retours des bénéficiaires du dispositif.