Assemblée générale 2026 : rapport d’activité & bilan moral

L’assemblée générale 2026 de la Trame s’est déroulée le mercredi 17 juin à l’Espace des diversités et de la laïcité à Toulouse. Le conseil d’administration a été reconduit dans sa composition actuelle.

Découvrez le rapport d’activité et le bilan moral 2025.

RAPPORT D’ACTIVITÉ

 

 

 

 

 

 

 

 

BILAN MORAL

En 2025, La Trame poursuit ses activités dans un contexte toujours marqué par les incertitudes qui traversent le secteur culturel et les fragilités croissantes des financements publics. L’association engage une réflexion sur son fonctionnement interne, son avenir et le rôle des salarié·es permanent·es, des réalisateur·rices, technicien·nes et intervenant·es artistiques qui forment le collectif, afin d’anticiper les évolutions à venir tout en préservant les valeurs collectives qui fondent ses engagements et ses actions.

La vie associative se renouvelle avec l’arrivée de deux nouveaux membres au conseil d’administration, Boris Claret et Alain Chaix, chacun membre de longue date de l’association.

L’année est marquée par plusieurs évolutions au sein de l’équipe salariée. Jeanne Lorne, réalisatrice et intervenante artistique déjà membre de la Trame, rejoint l’équipe de salarié·es en bureau en tant que renfort de coordination d’éducation aux images en remplacement de Marie Descharles, dont le contrat à durée déterminée s’est achevé au cours de l’année. À l’issue d’une période d’arrêt maladie, celle-ci n’a pas souhaité poursuivre son activité au sein de l’association.

La Trame accueille également Milly Perez en service civique, expérience qui lui permet de valider son stage de fin d’études en droit des médias et de la communication. Sa présence et ses compétences en droit permettent notamment de faire avancer la réflexion autour du mécénat avec la création d’un groupe de travail dédié. Cela aboutit à la création d’un argumentaire, d’une page sur le site de l’association ou encore d’une liste de propositions de contreparties pour les mécènes.

L’association fait appel à Mathias Péguet, qui avait déjà accompagné la structure pour la création de la dernière version de son site internet, pour une nouvelle intervention afin de renforcer la politique de confidentialité, la gestion des cookies et, plus largement, le respect des données personnelles des utilisateur·rices et les enjeux écoresponsables.

Cette année marque l’arrêt des Rendez-vous de la Trame au cinéma Le Cratère après une dernière séance en juin 2025. Un nouveau lieu d’accueil n’a pas été identifié à ce jour pour poursuivre cette programmation régulière, même si la volonté de maintenir des espaces de rencontre, de mise en réseau et de diffusion demeure présente.

Dans le champ de l’éducation aux images, La Trame poursuit son engagement auprès de nombreux partenaires dont le Lycée Las Cases à Lavaur. Un nouveau partenariat est mis en place avec le lycée Joséphine Baker à Toulouse, dans le cadre d’un accompagnement audiovisuel des classes de seconde, première et terminale, par l’intervenante Jeanne Lorne.

La Trame coordonne également une nouvelle édition du défi national « Écris ta série ! » dans cinq départements : Ariège, Gers, Haute-Garonne, Tarn et Hautes-Pyrénées. Le projet « Les voisins » des jeunes de la MJC Roguet à Toulouse, accompagné par Valentin Brocard, atteint la phase finale du concours. En quatre ans, ce sont donc cinq projets de séries accompagnés par la Trame qui atteignent la finale et reçoivent quatre prix et mentions.

Quatre films d’atelier de création écoresponsable Anim’insectes sont réalisés au cours de l’année, dont trois dans le cadre du Passeport pour l’Art de la Ville de Toulouse et un pour les trente ans du centre social Maison de quartier à Rangueil. Toutefois, la diminution des moyens alloués à ces interventions conduit à la décision de ne pas reconduire les ateliers Anim’insectes dans le cadre du Passeport pour l’Art l’année suivante. Dans le même temps, les ateliers menés par La Trame dans le cadre de Collège au cinéma connaissent une réduction de leur volume en raison de l’intégration de nouveaux partenaires au sein du dispositif.

La coordination régionale de Passeurs d’images est confrontée aux conséquences du vote tardif du budget de l’État, qui entraîne le report de nombreux projets. Cette situation impacte notamment l’organisation des séances « Filmez, jeunesse ! », dont deux des quatre séances prévues doivent être annulées. Face à ces difficultés, un effort particulier est engagé pour valoriser davantage les réalisations de la saison précédente ainsi que le travail des porteur·euses de projets, notamment à travers la création d’un catalogue dédié aux films d’ateliers réalisés en 2024 et à leur mise en ligne dans leur ensemble.

L’année voit également le démarrage des ateliers du projet artistique interdisciplinaire LAIME porté notamment par Fanny Tuchowski, ainsi que la poursuite des séances Clin d’œil au cinéma ABC. Celles-ci bénéficient désormais du soutien de deux nouveaux partenaires, la CARSAT et le Mois du Monde, permettant d’élargir les publics bénéficiaires.

Avec pour objectif de faciliter l’accès à toutes les formes d’expression artistique et de développer de l’Éducation Artistique et Culturelle, la DRAC et Léo Lagrange Animation ont organisé une formation destinée aux animateur·rices de CLAE. Durant 9 séances menées par les intervenant·es Jeanne Lorne, membre de la Trame, et Cyril Maddalena (Lumen&Co), 12 animateur·rices ont été formés à la médiation artistique et culturelle.

Du côté de la production, plusieurs projets arrivent à des étapes importantes. Le film « Mélodies de la mémoire » de Marion Colson, qui suit des personnes âgées accompagnées par des musiciens et des metteurs en scène dans cinq EHPAD, est terminé et présenté à Albi puis bénéficie d’une tournée dans plusieurs maisons de retraite pour permettre aux bénéficiaires de découvrir le film. Une première version du long-métrage « Je veux bien » de Boris Claret, Isabelle Dario et Vincent Glenn est montrée lors de visionnages tests puis transmise aux participant·es du crowdfunding qui ont permis la naissance du film. Le travail sur ce film qui porte sur le revenu universel, la protection sociale et nos moyens d’existence, est voué à continuer pour lui donner plus d’ampleur. Un autre long-métrage, « Des ricochets en eau douce » de Roberto Della Torre, sur la gestion des gravières et la nappe phréatique en basse Ariège, approche de sa finalisation et est montré à Foix et à Saverdun. Le tournage du court-métrage de fiction Dans l’isoloir de Baptiste Martin-Bonnaire est achevé au début février avec l’intention de pouvoir le finaliser avant les prochaines élections municipales.

Cette dynamique s’accompagne également de la création d’un catalogue valorisant les films produits par La Trame depuis plus de 30 ans avec une ligne éditoriale qui privilégie les sujets sociaux, culturels et environnementaux avec un travail tant sur le plan de l’esthétique cinématographique que du discours porté sur le monde.

La Trame poursuit également son partenariat avec Les Vidéophages autour de nombreuses actions de diffusion qui permettent de faire vivre une production locale de films auprès de milliers de spectateur·rices dans l’Occitanie, notamment à travers le dispositif le Colporteur d’Images porté par Fabrice Godard. L’association continue enfin de mettre à disposition des technicien·nes et régisseur·ses sur plusieurs festivals de la région, notamment pour la Faites de l’Image, Cinélatino, Cinespaña, Séquence Court-Métrage et Résistances. Des festivals majeurs qui participent activement à la diversité culturelle du territoire à travers des engagements et des programmations variés.

À l’international, l’installation « J’ai attrapé un… » de Stéphane Masson poursuit sa déambulation dans différents événements et festivals de l’Écosse à la Chine, confirmant l’intérêt suscité par cette œuvre atypique et poétique au-delà du territoire régional d’où elle a émergé.  

Entre février et mars 2025, une nouvelle session du Ciné Yam, la dixième, a pu être organisée après plusieurs années d’interruption avec la venue de Boris Claret et Isabelle Dario à Ouagadougou. Au programme : immersion au Fespaco, formation aux nouveaux outils, montage d’une maquette de film et plus encore.

Dans un contexte où de très nombreuses structures culturelles voient leurs moyens fragilisés, au point pour certaines d’être menacées, La Trame démontre une certaine stabilité. En restant vigilante face aux évolutions inquiétantes du secteur et consciente des attaques et de la dégradation toujours plus grave des conditions de financement qui touchent l’ensemble du champ culturel, l’association poursuit sa réflexion stratégique afin de développer de nouvelles pistes de soutien de manière à préserver ses missions de création, de transmission et d’éducation populaire.

Plus fondamentalement, la Trame réaffirme sa conviction que c’est dans la synergie des forces de résistance et dans la réflexion et l’action collectives que pourront être sauvegardées la création, l’action culturelle et la richesse des différents acteurs qui la font vivre.

 

 

 

Article mis en ligne le 23 juin 2026