L’assemblée générale 2025 de la Trame s’est déroulée le mercredi 18 juin dans ses locaux au 9 rue de l’étoile à Toulouse. Le conseil d’administration de l’association se renouvelle avec l’entrée de deux nouveaux membres qui faisaient partie de la structure de longue date : Boris Claret, réalisateur, documentariste, intervenant membre du collectif la Trame depuis plus de 20 ans, et Alain Chaix, précédemment vidéaste, monteur, intervenant au sein du collectif la Trame et aujourd’hui responsable adjoint du pôle infrastructures et services audiovisuels de l’Université Toulouse 2 Jean Jaurès. Le bilan moral et le rapport d’activité 2024 sont à consulter.
RAPPORT D’ACTIVITÉ
BILAN MORAL
En 2024, la Trame poursuit la consolidation de ses activités et de son fonctionnement dans le prolongement d’un travail patient et engagé effectué depuis plusieurs années. L’association, qui rassemble un collectif de professionnel·es des métiers de l’audiovisuel, adopte des usages sur le modèle des institutions et des collectivités avec lesquelles elle travaille, tout en préservant sa singularité. La Trame réfléchit à son fonctionnement, dans un contexte d’évolution permanente, parfois choisie parfois subie, que nous devons prendre à bras le corps pour affirmer nos valeurs.
Ainsi, la structure se développe avec un nouveau poste à temps partiel de 15h par semaine créé pour compléter l’équipe de salarié·es permanent·es : assistante de coordination d’éducation aux images. Marie Descharles, médiatrice spécialisée dans l’éducation aux images pour les dispositifs nationaux et en festivals, rejoint La Trame pour aider à la coordination du dispositif Collège au cinéma dans le département de la Haute-Garonne suite à l’augmentation considérable du nombre d’ateliers artistiques coordonnés par la Trame pour la saison 2024-2025.
L’équipe s’agrandit encore davantage avec l’accueil de Maëlle Bocat, volontaire en service civique sur une période de 7 mois avec pour missions de poursuivre le projet de valorisation des films de Passeurs d’images Occitanie à travers les séances « Filmez, jeunesse ! » entamées l’année précédente, ainsi que d’épauler la chargée du suivi des dispositifs d’éducation à l’image coordonnés par La Trame.
Le collectif de réalisateur·rices, technicien·nes et intervenant·es artistiques qui compose La Trame, en complément des salarié·es permanent·es, se renouvelle, notamment avec l’arrivée des réalisatrices/intervenantes Laure Muller-Feuga et Jeanne Lorne. Lors de l’assemblée générale de 2024, François Labaye, ingénieur du son, scénariste et intervenant, rejoint le conseil d’administration de la Trame. Le collectif continue à recevoir de nombreuses sollicitations et prises de contacts de la part des professionnel·les de l’audiovisuel, que ce soit des profils débutant·es ou plus expérimentés. Pour y répondre et préserver le lien associatif avec le secteur audiovisuel en Occitanie, La Trame organise gratuitement dans ses locaux des soirées de rencontre au cours de l’année et continue de proposer les séances de projection en présence des réalisateur·rices les « Rendez-vous le Trame au cinéma Le Cratère ». Cette année a vu le début d’un nouveau partenariat, certaines des séances sont co-organisées avec RegardOcc, Collectif d’Auteurs Réalisateurs en Occitanie.
Pour la troisième année, la Trame coordonne des ateliers scénario dans cinq départements dans le cadre du défi « Écris ta série ! », organisé par le CNC en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale. La Trame mobilise une quinzaine d’intervenant·es spécialisés pour accompagner les différents groupes de jeunes. Deux projets encadrés par la Trame sont finalistes de cette édition du défi et l’un des deux obtient une mention spéciale.
Dans le cadre de la coordination du dispositif Passeurs d’images en Occitanie, en complément des séances « Filmez, jeunesse ! », la coordination se déplace pour suivre certains projets lors des séances d’atelier, organise des journées de rencontre (en mai lors du festival DOC-Cévennes) et de formation (en septembre en partenariat avec Occitanie films et Cinémaginaire à Ferrals-les-Corbières dans l’Aude) et participe au développement de nouveaux outils tels que le jeu d’éducation aux images « Rembobinez, le film en question(s) » conçu à l’initiative d’Occitanie films et en partenariat avec l’ARCALT, Caméra au poing, EIDOS Cinéma, La Ménagerie et OCCE Ariège. Il est mis en circulation sous licence libre Creative Commons en octobre 2024.
L’éducation à l’image est aussi représentée avec les ateliers de création éco-responsable Anim’insectes portés par la réalisatrice Marion Colson et le plasticien Roger-Pierre Poupon. Avec les tout-petits des écoles maternelles et primaires, quatre films d’atelier sont conçus cette année : Le phare des insectes, Électrinsecte, Les JO des insectes et Amis pour la vie, dans le cadre du Passeport pour l’Art de la Mairie de Toulouse et de L’Été culturel / Quartier d’été qui est une manifestation à l’initiative du ministère de la Culture, avec le soutien financier de la Drac Occitanie et du ministère de la ville, avec le soutien de la préfecture de la Haute-Garonne, et de la résidence dans le groupe scolaire Michel Bonnery à Tarabel.
Du côté de la production, la configuration est similaire à l’an passé avec de nombreux projets en phase de conception, production ou finalisation : le projet « Pastoralisme/Transhumance, un patrimoine immatériel » porté par Roberto Della Torre et Diane Barbe, le film sur le handicap visuel « Ma Perception » de Benoit Maestre, le film tourné dans les EHPAD « Mélodies de la mémoire » de Marion Colson, le court-métrage sur la réouverture du bras-mort de l’Espinassié d’Isabelle Dario et Boris Claret dans la continuité du projet sur les Zones Humides, une diffusion nationale pour le film « Pense à moi » de Cécile Lateule, le lancement de la production du film de Roberto Della Torre « Des ricochets en eau douce » avec un financement participatif, la poursuite du tournage de la série documentaire « De Base » de Boris Claret, Isabelle Dario et Vincent Glenn avec elle aussi un financement participatif pour inviter les publics et le réseau à s’impliquer dans la conception du projet, et enfin le début de création du court-métrage de fiction « Dans l’isoloir » de Baptiste Martin-Bonnaire. Un projet interdisciplinaire Art et Société faisant collaborer les milieux académiques et extra-académiques, appelé LAIME et porté par Fanny Tuchowski, entre en phase de conception.
En attente de financement et d’un apaisement sécuritaire, le Ciné Yam, action au long cours au Burkina Faso, ne bénéficie pas de session cette année. L’équipe de la Trame en France organise avec Colomiers Jumelage et Soutien la soirée film, conférence, débat « Agro-écologie au Sahel : Reverdir le désert – Une réussite comme exemple à une agriculture durable pour l’Europe » en présence notamment de Henri Girard, fondateur du réseau Terre Verte au Burkina Faso. En revanche, le travail initié au Burkina Faso avec le laboratoire Eco&Sols de l’IRD de Montpellier se poursuit.
La Trame participe à la diffusion de films en coproduction avec les Vidéophages grâce au dispositif Le Colporteur d’Images porté par Fabrice Godard, qui permet la diffusion de courts‑métrages dans toute l’Occitanie, là où ils ne vont que trop rarement : au cœur des territoires, hors des lieux spécifiques de diffusion audiovisuelle. La Trame poursuit aussi la mise à disposition de régisseur·ses sur les festivals régionaux avec notamment Cinélatino, Résistances, Cinespaña, Séquence Court-Métrage et la Faites de l’Image.
Le volet arts visuels et numériques est toujours représenté par l’imaginaire poétique de Stéphane Masson et ses Machines Images et plus particulièrement l’installation contemplative « I Caught A… » / « J’ai attrapé un… » qui voyage en 2024 dans les festivals lumière aux États-Unis, en Belgique, au Royaume-Uni et en Lettonie.
Enfin, dans un contexte de mise en danger du monde culturel, qui n’est plus seulement préoccupant et distant mais devient concret et effectif, mise en danger qui s’étend à toute la sphère démocratique avec la montée et la banalisation de l’extrême droite, La Trame réaffirme ses engagements pour le secteur culturel, associatif et de l’éducation populaire, notamment en se joignant aux démarches des réseaux locaux de la Ligue de l’Enseignement 31, de Ressources & Territoires, d’Occitanie Coopération, du groupement d’employeurs OPEP et nationaux comme l’Archipel des lucioles et la Fédération de l’Action Culturelle Cinématographique. La survie des « petites » structures associatives se fera collectivement, ensemble, ou ne se fera pas.