Production / Films documentaires

Préfiguration de l’atelier : Paysan sahélien documentariste 2015

Transmission de pratiques agricoles durables par l’image

Avec Boris Claret et Isabelle Dario, nous lançons "Paysans Sahélien Documentariste" Ce 12 février, nous rejoignons la ferme pilote de Guié au Burkina pour le lancement de l’atelier de production documentaire “Ciné Yam”. Trois ans pour accompagner la Ferme vers une autonomie de production et valoriser ses pratiques agrosylvopastorales en zone sahélienne...

Pour suivre l’aventure et soutenir l’initiative, vous pouvez vous rendre sur la page facebook du projet : https://www.facebook.com/paysansahe...

Face aux déficits dans la valorisation des expériences de pratiques agricoles novatrices, nous souhaitons doter la "Ferme Pilote de Guié", organisation sahélienne inter-villageoise centrée depuis 25 ans sur la Recherche et Développement en ces domaines, d’un outil de communication et de partage.
L’AZN, c’est à Guié, à 60 kilomètres au nord de Ouagadougou, au Burkina Faso.
Là, loin de tout, à deux pas du désert, dix villages se sont réunis au cours d’un processus de plus de vingt ans pour se sortir par eux-mêmes de la misère et repousser les famines récurrentes. Ils ont ainsi créé l’Association "Zoramb Naagtaaba" (les amis réunis en langue Mooré) et sa ferme pilote. Ils y inventent une agriculture pérenne et adaptée, y creusent des puits, construisent écoles et centres de soins ; y accueillent des orphelins, y tracent des routes, plantent des arbres… Tel un laboratoire universitaire, la Ferme rassemble aussi une centaine de jeunes en formation sur quatre années. Loin des ONG internationales et des actions humanitaires parachutées, il s’agit bien ici d’une initiative locale de prise en main et de développement de secteurs vitaux - agriculture, artisanat, enseignement, santé - qui s’invente au fur et à mesure les moyens de son action.

http://www.azn-guie-burkina.org/

L’essaimage, une nouvelle étape

_ L’AZN expérimente, développe puis diffuse des pratiques nouvelles dans tout un ensemble de domaines et sur un espace toujours plus large. Initialement adressé aux six villages fondateurs voisins, ce travail de communication d’expérience, fort de son succès, franchit aujourd’hui une nouvelle étape. Plutôt que de continuer à s’élargir au-delà des dix villages qu’elle regroupe actuellement, l’AZN a choisi d’essaimer.
Sollicitée par des territoires encore plus mal pourvus en eau qu’elle-même, l’AZN est depuis peu devenue structure mère. Désormais, elle irrigue "culturellement" les deux nouvelles fermes pilotes qui, à son image, ont vu le jour à Filly et Goèma, dans la perspective de leurs autonomies.

Une évolution nécessaire du mode de communication

Historiquement, la Ferme Pilote de Guié assurait auprès du voisinage la vulgarisation, le transfert des connaissances et leurs promotions par la formation des stagiaires, par des publications, des manifestations et surtout par les indispensables rencontres au quotidien sur le terrain. Dans ses nouvelles responsabilités, agissant désormais sur des territoires disjoints et des thématiques élargies, l’AZN mesure bien que ce mode de transfert direct, "oral", n’est plus le seul vecteur de communication nécessaire et suffisant. Les expérimentations pilotes que nous avons déjà menées ensemble ont mis en évidence que ce mode de communication peut désormais être largement valorisé et démultiplié par les outils modernes de communication et plus largement relayé par un Internet aujourd’hui disponible, d’autant que les solutions développées par l’AZN concernent toutes les populations de la frange sahélienne du continent.

L’Intention de l’atelier de production documentaire


Comme nous l’ont montrées la réalisation et les diffusions sur place du film Bon appétit Monsieur Soleil, l’audio-visuel, notamment dans une approche documentaire, peut constituer un outil complémentaire de sensibilisation, de transmission et de vulgarisation particulièrement performant.
Notre intention est donc de rendre possible, en interne et de façon autonome, l’écriture, la fabrication, la diffusion et la mise à disposition sur Internet de documents vidéo idoines, qui faciliteront et valoriseront le travail de transfert d’expériences de toutes les équipes de l’AZN. Par ailleurs, ce mode de communication complémentaire, qui fait et laisse trace, permettra aussi, la constitution d’une "mémoire en images" du présent et des futurs développements de l’expérience de l’AZN.

La faisabilité d’un atelier de production documentaire

Sur le plan des techniques vidéo, une autonomie complète est aujourd’hui envisageable pour l’AZN, de la réalisation de films jusqu’à l’édition de petites séries de DVD, leurs diffusions publiques par vidéo projection et leurs mises en ligne. En revanche, cette autonomie au quotidien suppose la constitution d’une équipe compétente et capable, en lien avec toutes les autres sections de l’AZN, de concevoir, de réaliser et de diffuser les multiples documents vidéo nécessaires.
Nous initierons donc la création sur l’AZN de l’atelier documentaire CINÉ YAM qui vise, dans un premier temps, à la co-réalisation de films avec l’équipe de salariés de l’AZN, afin de les amener progressivement jusqu’à un niveau d’autonomie complète. Dans un deuxième temps, nous accompagnerons l’association pour que cette équipe devienne, au même titre que les autres secteurs d’activité de la ferme, la base pérenne d’un atelier permanent de communication vidéo de l’AZN.

Une préfiguration de l’atelier CINÉ YAM

Partant d’une équipe mixte d’une douzaine de réalisateurs-stagiaires et après un premier temps de travail, nous fixerons un "noyau dur" d’environ 6 personnes impliquées.

La création de l’atelier s’étalera de 2015 à 2018, articulée autour de 5 à 6 périodes d’interventions intenses de notre équipe de réalisateurs. Ces sessions, d’une durée de 3 à 5 semaines chacune, totaliseront autour de 600 heures de collaboration entre les salariés de l’AZN et les réalisateurs. Elles seront centrées sur des réalisations concrètes, chaque fois plus complexes ou ambitieuses et déjà utiles à l’AZN. Entre ces périodes, avec notre soutien à distance par Internet, les salariés de l’AZN approfondiront de façon autonome leurs expériences par des réalisations lancées lors des sessions précédentes.

Les productions réalisées par le CINÉ YAM donneront lieux à des projections publiques ou participeront de celles déjà organisées par l’AZN. Elles seront mises en ligne "libre de droit" sur Internet et pourront aussi être déclinées en différentes versions linguistiques.

Pour répondre au désir d’ouverture de l’AZN, les acteurs burkinabé du documentaire seront sollicités pour des collaborations.

Les moyens de l’atelier CINÉ YAM

Les moyens techniques mis en œuvre seront laissés à disposition permanente de l’AZN pour assurer la continuité de l’atelier de production vidéo (Selon l’effectif et les financements trouvés, en une ou deux tranches d’équipement : 2 unités de tournage HD, 2 unités de montage ainsi qu’une base en matériel de son et d’éclairage).

L’AZN a préparé un local permanent dédié à l’atelier vidéo, avec courant électrique (solaire et générateur), et mettra à disposition ses moyens de vidéo projections pour les diffusions dans les villages et des espaces d’hébergement pour les séjours des réalisateurs de La Trame.

Un lancement volontaire


Le budget global de ce projet est inférieur à 100 K€ avec un apport des partenaires de 20 K€ (industrie et valorisation du bénévolat). Il n’est pas envisageable de solliciter l’AZN au-delà de ses importants apports humains et en industrie. Le Burkina Faso est lui difficilement en mesure de porter ce type de projet. Ainsi, nous menons en France un travail de prospection et de promotion du dossier pour réunir les 60 à 80 K€ nécessaires sur trois ans, auprès des institutionnels et sans omettre des possibilités de soutiens privés (Fondations, Entreprises.) Ces démarches sont longues, d’autant que notre initiative innovante est perçue comme un « méta-projet », en décalage avec les soutiens traditionnellement apportés en réponse aux problématiques de développement, de malnutrition ou d’autosuffisance alimentaire.

Pour répondre sans plus tarder aux sollicitations et à la dynamique des équipes de la Ferme Pilote de Guié, nous lançons, dès février 2015 et sans apports extérieurs, le processus de création de l’atelier documentaire par une première session de réalisation sur place de quatre semaines. Nous espérons aussi par cette initiative produire et rassembler des éléments nous permettant de mieux défendre notre démarche et de la pérenniser dans l’avenir, avec notamment un équipement durable de l’atelier.

Nous remercions d’ores et déjà l’École Supérieure d’Audio-Visuel (Toulouse), J. Samouillan, Antéa Production, M. Erard, la CUMAV 65 et A. Ayral qui ont prêté des outils pour étoffer nos équipements personnels et I.Gras, H.Guipouy, A.Beznoziuk, J.Blanc, J.Pacholder, B.Zakowski, A.Chaix, Mira Production, Piget Production pour leurs soutiens …