Éducation à l'image et aux médias / Films d’ateliers

La vie des hauts et débats

FILM ATELIER

"La vie des hauts et débats"

Nous vous offrons une mosaïque de mots et d’images, de lui, de toi, de nous.
Nous ne vous montrons pas un film puisqu’il n’y a pas d’histoire.
Il y a seulement nous dans notre rencontre, celle d’un éduc cinéaste de passage et ses collègues et vous les jeunes de La Vergniere de passage aussi, juste le temps de retrouver confiance.


Filmer l’autre, se laisser filmer, vouloir raconter l’autre ou se raconter. N’est-ce pas là un processus de créativité qui permet à l’individu l’approche de la réalité extérieure ?

« Tu te souviens comme tu avais pleuré en découvrant que deux images ensemble pouvaient prendre sens ? Aujourd’hui, la télévision inonde le monde entier d’images dépourvues de sens, et personne ne pleure... » disait Chris Marker dans son film en hommage au cinéaste soviètique Alexandre Medvedkine.

C’est sans doute pour cette raison que Monsieur Loubet m’a rappelé cette phrase de Marguerite Duras :
« On ne fait pas un film avec des images, on le fait avec des mots ».

Mais les images et les sons, et même les odeurs n’indiquent-ils pas quelque chose ?
La posture, les gestes, les vêtements, ne font-ils pas sens chez l’homme ?
L’image ne serait-elle pas comme le mot, cet objet qui matérialise le signifiant ?

Comment interprétez-vous ces images filmées par Michael qui tenait une caméra pour la première fois et qui, pour filmer son école va utiliser un premier plan comme amorce.
Quel est le sens de ce feuillage qu’il met entre lui et l’établissement ?

« Parcours de vie »

Remplacement au pied levé. Les plus grands partent en transfert comme on dit ici. Que je n’aime pas ce mot qui me renvoie des images de camion blindé ou de détenu avec sa cohorte de barreaux et de flingues.
On vous enverra une carte postale.

« Jeux de Poupée russe »

C’est l’histoire d’une médiation qui finit par se fondre dans une autre.
Cette fois la caméra devient actrice. Du désir des jeunes est né le projet de faire un reportage, quelque chose qui leur appartienne.
Ensemble, nous avons réfléchi, écrit, interviewé, filmé et même débuté le montage.

Aujourd’hui, nous sommes les invités d’Edith, Zaza et Dédé. Ils nous ont gracieusement offert cette séance de voltige pour agrémenter notre reportage.
Jordan c’est proposé comme cameraman, ses camarades se préférant dans la situation d’acteurs.

« La grève générale ? »

Ce matin j’ai prévu de partir filmer au Prat d’Albi avec Michael et Kevin. Je voulais leur proposer de mettre en scène du hip-hop sur fond de vallée fuxéenne.
C’est non, et quand Kevin dit non eh !!.
Bon bah allons faire un petit sujet sur la grève des lycéens !

L’idée trouve tout de suite de l’écho chez mes deux compères, c’est sûrement la dimension politique du sujet que les attire.

Avant de partir nous contractualisons notre projet :
Respect total de l’environnement, des gens, aucun compromis possible.
De mon coté, je m’engage à ne pas dire que se sont des jeunes de La Vergnière.
Ils veulent bien filmer mais pas parler.
J’accepte le contrat, il me semble honnête.

Qu’on est bien à l’abri des regards de l’autre dans ce refuge séculier juste le temps de reprendre des forces avant d’aller faire un petit tour en ville.
Messieurs je vous félicite tant pour votre conduite que pour votre sérieux et votre habilité dans le maniement de la caméra à l’épaule.

« Histoire naturelle »

Nous ne nous connaissons pas, nous avons cent minutes pour combler ce manque.
Caméra au poing, la forêt est notre terrain de découverte.
Michael ignore tout du maniement de la caméra.
Qu’importe puisque la machine n’est là que comme trait d’union entre nous deux.

Michaël (maékeul) quant à lui, aurait souhaité filmer les bûcherons.
Une telle idée impose des contraintes d’organisation.
Pour cela il faut s’engager dans une démarche de projet.
_ Or pour l’instant Michael ne le veut pas, ne le peut pas, trop submergé qu’il est dans sa quête identitaire. En attendant qu’il trouve une place au sein de la tribu nous nous contentons de filmer les traces des hommes des bois.

Ce truc, fait d’images et de sons, s’achève. Tout ce que nous avons filmé n’y figure pas, question de sens : tout n’est pas montrable, tout n’est pas regardable.
Filmer vous l’avez compris, c’est comme parler, écrire, chanter, ça demande d’organiser sa pensée, ça obéit à des règles techniques, sémantiques, sa oblige à travailler ensemble, à la rencontre de l’autre.
Vous l’avez compris aussi, deux images ensemble peuvent prendre un sens nouveau, recréer une réalité qui n’est plus le réel.

Alors Kevin ! c’est vrai ou c’est pas vrai ?

Kevin en in : "Ta gueule ... !"


à la caméra :

Dylan
Jordan
les deux Kevin
Rebeca
Michaël et Maékeul
et Renaud

Cette expérience vidéo a été réalisée dans le cadre d’une médiation axée sur l’audiovisuel à l’initiative de Jacques Loubet chef de service de l’Institut Thérapeutique Educative et Pédagogique de l’Etablissement Public Médico-Social La Vergnière.

médiation éducative
Renaud Verbois

La Trame octobre 2005